De 1930 à 1956 - formation d'une communauté réformée en Vallée de Chevreuse
Dans le cours des années 1930, une paroisse réformée se forme peu à peu dans la région de Viroflay et Jouy-en-Josas avec l’aide des pasteurs de Versailles. Comme celle-ci se développe, en 1942 la Société centrale d’évangélisation décide d’y placer un pasteur à demeure. Une association cultuelle est constituée en 1950 et, en 1952, Maurice Mousseaux devient le pasteur de cette Église, qui est reconnue en 1954 comme une paroisse de plein exercice par l’Église réformée. La vallée de Chevreuse, autrefois desservie par la paroisse de Versailles, fait désormais partie de sa circonscription.
D ès son arrivée, M. Mousseaux décide de se préoccuper, en particulier, de rassembler les protestants pouvant résider dans la vallée de Chevreuse jusqu’à Antony, d’autant plus que les nouvelles institutions scientifiques (une Faculté des sciences à Orsay, le C.E.A. à Saclay, etc.) que l’État entend y implanter devraient en accélérer le développement démographique ; le projet de construction du « Grand ensemble de Massy-Antony » ne pouvant, ensuite, qu’accroître le nombre des habitants de cette région et donc, aussi, celui des protestants.
Les efforts de M. Mousseaux portent rapidement leurs fruits, et des cultes peuvent être célébrés chez des particuliers, notamment à Palaiseau ainsi qu’à Orsay et à Gif-sur-Yvette. Notons, qu’un entrepreneur en bâtiments de Palaiseau, J. Dapozzo, de confession darbyste et qui avait construit une salle de réunion attenante à sa maison pour permettre la célébration des cultes de sa communauté, a l’amabilité de mettre gracieusement cette petite chapelle à la disposition des réformés. Si bien qu’en février 1956 M. Mousseaux – qui avait en 1952 seulement le nom d’une dizaine de personnes – peut dresser d’une liste de 135 familles (environ 300 personnes).
Dès cette date une paroisse réformée est donc réellement en formation, un culte étant régulièrement célébré tous les 15 jours et 20 enfants suivant une instruction religieuse.
De 1957 à 1960 - création officielle de la paroisse réformée
De ce fait, en 1957 le synode décide de confier à la Société centrale d’évangélisation le soin d’organiser réellement cette nouvelle paroisse, et un « Comité local » de l’Église réformée de la Vallée de Chevreuse est mis sur pied. Par ailleurs, M. Mousseaux ayant signalé qu’un seul pasteur n’est plus en mesure de desservir dans de bonnes conditions à la fois la paroisse de Viroflay-Jouy et la nouvelle communauté de la Vallée de Chevreuse, il devient nécessaire de désigner un pasteur pour cette dernière. Et, naturellement, en octobre 1957 la S.C.E. nomme le pasteur Mousseaux à ce poste. Dès lors, un culte hebdomadaire est célébré dans la chapelle prêtée par J. Dapozzo et Palaiseau s’affirme peu à peu comme le centre principal de la paroisse, Orsay ou Gif-sur-Yvette étant encore peu peuplées, tout comme Massy, où l’édification du Grand ensemble commence à peine.
Très vite la chapelle se révèle trop petite et on évoque la possibilité d’acheter un terrain pour y édifier un temple propre à la communauté réformée, d’autant plus que la spéculation foncière faisant rapidement monter les prix, il convient de ne pas tarder. On se met donc à la recherche d’un terrain qui serait à la fois bien desservi par les transports en commun, d’un prix raisonnable et d’une superficie suffisante.
Un tel terrain, remarquablement situé à une centaine de mètres seulement de la gare de Massy-Palaiseau, se trouvant libre 33 avenue Wilson à Palaiseau, en novembre 1957 son achat est décidé par le Comité local. Des paroissiens se portent caution, une « S.C.I. du Hurepoix » est constituée ; puis des aides sont obtenues des instances dirigeantes de l’Église, un emprunt est contracté, des dons provenant de 60 familles sont rassemblés et, en février 1958 le compromis de vente est signé. Ensuite d’autres aides seront obtenues ; en particulier une, fort significative, de l’Église réformée de l’Etoile.
Toutefois, il n’y a pas encore de lieu de culte. Or la commune d’Orsay étant désireuse de se séparer d’un bâtiment préfabriqué en bois qui avait servi de salle de classe provisoire pour le collège de la ville, celui-ci est acheté par la S.C.I. Et, entre avril et juin 1958 ce bâtiment, démonté par des paroissiens qui le transportent eux-mêmes, est remonté sur le terrain de l’avenue Wilson (à cette occasion l’un de ces valeureux « pionniers » qui installe des vitres aux fenêtre fait une mauvaise chute, se casse un bras et termine sa journée à l’hôpital). Cette chapelle provisoire en bois est inaugurée le 16 novembre 1958, à la grande satisfaction de membres de l’Église.
A cette occasion, Marie-Louise Girod a l’amabilité de tenir l’harmonium (offert par Jean Simon). Evidemment, il s’agit d’un bâtiment provisoire, et on compte bien construire rapidement, « en dur », un presbytère et un temple qui comprendrait des locaux pour les mouvements de jeunesse.
Mais alors, un obstacle imprévu se place sur la route : en décembre 1957 la Commission régionale d’évangélisation de l’E.R.F. semble vouloir détacher les communes de Massy, Antony et Verrières-le-Buisson de l’Église réformée de la Vallée de Chevreuse pour les attribuer à l’Église luthérienne, implantée à Bourg-la-Reine depuis le milieu du XIXe siècle. En effet l’Église luthérienne envisage de créer une paroisse à Massy, et d’y construire un temple sur un terrain proposé par l’État dans la sorte de « quartier religieux » (composé d’une église catholique, d’un temple protestant t d’une synagogue) que les planificateurs ont prévu dans le Grand ensemble de Massy-Antony.
Cela aurait pour conséquence non seulement de réduire le nombre des membres de l’E.R.V.C., mais aussi de contraindre cette dernière à renoncer à bâtir son temple sur son terrain de l’avenue Wilson, Orsay étant alors envisagé pour son implantation. Naturellement, M. Mousseaux et ses paroissiens repoussent énergiquement cette idée, en faisant remarquer que ceux des leurs qui habitent les trois communes en question sont tous d’origine réformée, et qu’il n’y encore ni communauté luthérienne en formation, ni paroissien luthérien connu à Massy. Finalement, après diverses négociations, les instances dirigeantes de l’Église renoncent à cette idée et acceptent d’aider à la construction du temple réformée à Palaiseau. Les luthériens ayant concrétisé leur projet à Massy on envisage ensuite, un moment, la formation d’une paroisse ayant une double affiliation luthérienne et réformée, mais avec un seul pasteur. Toutefois, en 1960 on décide de s’en tenir à une simple coexistence fraternelle.
Cet obstacle étant levé le 1er mars 1959, lors de son Assemblée générale, l’Église réformée de la Vallée de Chevreuse se constitue en Association cultuelle, membre de l’E.R.F. L’Église est désormais établie, tout en restant encore un poste de la Société centrale d’évangélisation (elle deviendra une paroisse de plein exercice à partir de janvier 1962). Mais alors se pose la question du pasteur, puisque M. Mousseaux doit prendre sa retraite le 1er octobre 1959. On fait donc appel à un homme jeune, Louis Simon (né en 1923) secrétaire de « Fédé » (Association chrétienne d’étudiants) de Paris et, de ce fait, tout à fait qualifié pour desservir, comme le dit un document de l’époque, « une zone où le nombre et l’influence des milieux universitaires ne cessent de croître ». L. Simon commence son ministère à mi-temps à compter de janvier 1960, puis il l’exerce à plein temps à partir du mois d’avril.
De 1959 à 1961 - construction du presbytère et du temple
Par ailleurs, les projets de constructions se concrétisent. Un plan, dû à l’architecte Jean Charra, est approuvé par les instances de l’Église en 1959.
Et on décide de commencer par le presbytère (puisqu’on dispose d’un lieu de culte). Naturellement le financement n’est pas facile, mais les fonds sont rassemblés et la construction du presbytère peut commencer en juin 1959 ; il est inauguré en mars 1960.
Quant au temple proprement dit, sa construction débute en octobre 1960. Il est utilisé pour la première fois en mai 1961, pour la confirmation des catéchumènes, bien qu’il soit inachevé (le toit n’est pas encore posé, il faut se contenter d’une bâche !). Et, même s’il n’est pas encore tout à fait terminé, sa dédicace a lieu le 22 octobre 1961.
Naturellement, peu après, le temple est achevé et son mobilier complété. Ainsi, en novembre 1963 Jacques Badin décide de faire un don important – en souvenir de sa mère, décédée – qui doit, dans son esprit, permettre l’achat d’un orgue et d’une belle table de communion ancienne. Finalement, et avec son accord, l’essentiel de ce don est affecté à l’achat d’un orgue. Le choix se porte sur un instrument chwenkedel qui, dans un premier temps, ne compte que 5 jeux (il est complété ensuite et compte désormais 8 jeux, des fonds ayant été rassemblés, en particulier à l’occasion de concerts). Il est inauguré en novembre 1965 et il est toujours en usage aujourd’hui.
Par ailleurs, la communauté se développe. Selon une statistique de mars 1963, elle rassemble alors 366 familles, et 630 adultes, la commune de Palaiseau en fournissant 23 %, suivie par Orsay (9,3 %) et Massy (9 %).
Après le départ de Louis Simon, en 1976, l’Église continue sa route avec les pasteur(e)s Pierre Lehnebach (1973-1982), Jean Chardard (1983-1988), Slimane Boukhechem (1988-1991), Florence Taubmann (1992-1997), Christian Barbery (1997-2004), Robert Philipoussi (2005-2010) , Dominique Hernandez (2011-2019) et depuis 202, Didier Petit.