Certains textes bibliques peuvent dérouter. Amos, prophète chassé sans ménagement, dérange par sa parole. L’évangile de Marc évoque les sandales qu’on secoue en quittant ceux qui ne veulent pas entendre : pas franchement engageant. Difficile d’en tirer une bonne nouvelle estivale…
Et puis, il y a l’épître aux Éphésiens. Paul y parle de prédestination, de dessein divin arrêté d’avance, de grâce qui décide de tout. De quoi inquiéter ceux qui tiennent à leur liberté. On imagine un Dieu tout-puissant qui pilote nos vies comme un marionnettiste.
Mais faut-il comprendre ces mots ainsi ? Paul ne développe pas une théorie de l’enfermement spirituel. Il ouvre plutôt une perspective : celle d’une initiative de Dieu qui cherche une réponse humaine. Ce n’est pas un monologue divin, c’est le début d’une conversation.
Convoqués, interpelés, oui, mais pas enfermés. Choisis, appelés, invités à entrer dans un projet qui occupe toute la vie, à répondre à une promesse. Comme s’il nous revenait de mettre le clignotant et de choisir une direction.
Le théologien Karl Barth disait que la grâce précède tout, mais qu’elle appelle une réponse libre : la foi. Dieu ouvre un chemin, il ne l’impose pas. Et si notre vie est marquée d’un appel venu d’ailleurs, ce n’est pas pour la réduire, mais pour l’élargir.
Dans ce sens, dire « je suis déterminé » ne signifie pas : « je suis condamné à suivre un chemin que je n’ai pas voulu ». Cela peut vouloir dire : « je suis résolu, je choisis de répondre, d’avancer avec confiance ».
Alors que certains s’apprêtent à préparer valises, tongs et crème solaire, cette lecture pourrait bien être une lecture de vacances : elle nous invite à vivre notre liberté avec détermination, non comme un fardeau, mais comme une réponse joyeuse à une parole d’amour.
Dieu est une conversation ouverte. À nous de répondre.
Bon été et à très vite !
Didier Petit (pasteur)